La découverte, à la fin du XIXème siècle à Picapour, de débris de tombes du Vème siècle environ atteste l'existence d'une communauté d'habitants dès cette période. Mais ce n'est qu'en 1100 qu'on trouve une mention écrite de Saint Nazaire dans le pouillé de Saint Hugues (1). La maison forte de Cleymes et le prieuré de Saint Nazaire datent de cette époque.
En 2016, la population municipale s'élève à 2 950 habitants, elle était descendue à 360 en 1936, après avoir atteint plus de 600 âmes au milieu du XIXème siècle.
En 1838, la vigne représentait 211 ha, produisant 2 000 hl d'un vin réputé qui s'écoulait principalement dans les cafés de Grenoble. Les chènevières (2) étaient nombreuses et 1 200 pieds de mûriers en "haute tige" produisaient la nourriture pour 700 kg de cocons de vers à soie.
Dès la fin du XIXème, l'industrialisation de la rive gauche de l'Isère et son besoin de main d’œuvre ont permis le maintien au "pays" d'une partie de la population. Ainsi est né un nouveau type d'habitant : « l’ouvrier paysan ».
Les dernières gantières à domicile ont disparu, il y a une cinquantaine d'années. Leur travail fournissait un complément de revenu appréciable.
Depuis 1960, sous l'effet de la pression de la ville, les hameaux se sont noyés dans l'urbanisation qui s'est aussi étendue au dessus de la RD1090, domaine autrefois exclusivement réservé à la vigne et aux pâturages communaux.
Le Groupe Patrimoine de St-Nazaire-les-Eymes
(1) Registre ancien des biens ecclésiastiques de notre région
(2) Champ où pousse le chanvre
La foire de Saint-Nazaire
Le 25 juin, à l’occasion de la fête patronale de la Saint Jean-Baptiste, le village accueillait autrefois une grande foire. Depuis 1810, les renseignements envoyés au ministère de l’Agriculture attestent que c’est une foire aux bestiaux « dont l’origine remonte à la nuit des temps ». Il s’y vend « bœufs, vaches, moutons, brebis, porcs » ; des « marchands ambulants viennent également y installer leurs baraques » pour vendre « mercerie, draperie, outils d’agriculture ». On y trouvait également quelques étals de marchands de vêtements, de chaussures et d’ustensiles de cuisine. On ne compte alors que quatre autres foires autour de Grenoble : Saint-Egrève, Montbonnot, Eybens et Gières. Si des communes du département, mêmes éloignées, envisagent d’en créer une, elles doivent solliciter l’accord de Saint-Nazaire quant à la date de sa tenue. Jusqu’aux années 1950, on pouvait encore voir quelques bovins mais surtout des porcelets destinés à être engraissés dans chaque ferme avant d’être tués pour Noël.
Le premier champ de foire connu était situé en 1856 derrière l’ancienne mairie-école de garçons. Le passage du bétail entre deux maisons rendait son accès difficile ; aussi, en 1887, lors de l’implantation du nouveau « groupe scolaire et mairie », un terrain pour un grand champ de foire est prévu à l’arrière des cours de récréation. C’est actuellement le plateau sportif et les terrains de l’école primaire. Pour assurer un peu d’ombre, seize tilleuls de Hollande sont plantés en 1897 sur deux rangées. Les anciens Saint-Nazairois se souviennent du champ de foire en herbe dont l’adjudication du foin a eu lieu jusqu’au milieu de XXe siècle. Ils parlent aussi d’un magnifique cerisier qui trônait au centre du pré et dont ils grapillaient les cerises à la sortie de l’école ainsi que d’un imposant « arbre de la liberté » qui a disparu avec la création d’une buvette.
La vogue de la Saint-Jean
La vogue avait lieu le lendemain ou le dimanche suivant la foire de la Saint-Jean. Elle offrait de se distraire, de danser et de faire des emplettes. Des marchands installaient leurs étals le long du chemin du Village (bonbons, jouets, babioles diverses). Le tir à la carabine et la loterie faisaient la joie des habitants. Après la guerre, la création d’un Comité des fêtes, en lien avec le Sou des écoles reprendra l’animation de cette journée.
Le bal devient alors un grand moment et attire beaucoup de monde. Sur le pré de foire, l’orchestre s’installe sur deux charrettes prêtées par les habitants. Le plancher est loué au restaurant Guillet (actuel Clos de Balmes) à Montbonnot ou au café Martin de Bernin (établissement disparu). Transporté ainsi que les bancs et tables à l’aide d’un tracteur, le plancher est ensuite monté par Gustave Charles, charron et maréchal-ferrant à Saint Nazaire. Avant qu’une dalle couverte et une buvette ne soient créés derrière la mairie, le bal s’est aussi parfois déroulé dans les dépendances de différentes maisons du Village. Dans les années soixante, le bal « aux petits lampions » connaît une renommée croissante grâce au talent de l’orchestre « Hugues Marin », animé par Marin Capponi dont l’entreprise de limonade était alors installée au Piat.
La tradition de la vogue s’est perpétuée au fil des ans grâce au Comité des fêtes avec le concours de la municipalité, des pompiers, des écoles, des associations et de nombreux bénévoles. De 1954 à 1958, ce sont les jeunes de la commune qui organisent la « kermesse » dont les bénéfices aident à financer quelques voyages (Provence, Venise, Allemagne, Paris) extraordinaires pour eux qui ne connaissaient que les villages d’alentour. Ce sera ensuite les chars fleuris et diverses animations qui varient au fil du temps. Une journée festive est toujours organisée le samedi de la Saint Jean autour du traditionnel feu, clôturée par un superbe feu d’artifice et, bien sûr, le bal.
POUR EN SAVOIR PLUS ….
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Divers :
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