ANGLE SUD DU PRIEURÉ FENÊTRE À MENEAUX
ET CROISEE DU PRIEURÉ


Du VIIe siècle à la Renaissance
Probablement dès le VIIe siècle, un sanctuaire dédié à Saint-Nazaire occupe cet emplacement en bordure de coteau. Vers 1100, deux églises sont mentionnées dans le Pouillé du Diocèse de Grenoble, celles de Saint-Nazaire et de Saint-Maurice de Clèmes.

Elles sont rattachées au prieuré de Saint-Nazaire 1 cité dans la Bulle du Pape Alexandre III de 1179, comme possession de l’abbaye bénédictine de Saint-Chaffre en Auvergne. Ces églises sont entourées de leur cimetière, comme le veut la règle au Moyen-Âge.

C’est sans doute au XIIIe siècle, autour de ce prieuré et de son église, que se développe le village de Saint-Nazaire dont le seigneur n’est autre que le prieur.

Dans la deuxième moitié du XVe siècle, ce riche bien ecclésiastique est le théâtre des dernières guerres féodales du Dauphiné entre les familles Commiers et Alleman qui en convoitent revenus et avantages. Le retour à la paix favorise la reconstruction et l’embellissement des prieurés. Les fenêtres à meneaux et à croisée du prieuré témoignent de cette évolution et de la période Renaissance.
 

Pendant la période révolutionnaire

Déclaré bien national, le prieuré, ses bâtiments et ses terres, sont vendus en 1791 à deux anciens fermiers du prieuré et à une dizaine de cultivateurs du village.

La place de l’église, « Place de la Liberté » est le lieu permanent des célébrations patriotiques, des fêtes, des réunions de citoyens… La première municipalité est constituée le 8 février 1790, réunissant les deux communautés villageoises de Saint-Nazaire et de Clèmes.

Le 18 novembre 1792, An 1er de la République Française, y est élevé « l’arbre de la Liberté », orné de rubans tricolores et surmonté du bonnet de la Liberté. Après quelques fusions provisoires, entre 1795 et 1799, avec des communes voisines, Saint-Nazaire reprend son autonomie.

 

 

Après la Révolution
Le Conseil municipal se réunit jusqu’en 1826 dans "une chambre de la maison du maire". Alors est décidée la « dépense d’une maison commune » 2 aménagée dans un grenier au-dessus d’une écurie acquise en 1822.
Ce modeste local « muni de bancs et d’un placard fermant à clé » sert de Mairie jusqu’en 1856.

Le Concordat de 1802 met à la charge des communes l’obligation de pourvoir au logement des ministres du culte. En 1822, la commune rachète donc une partie de l’ancien prieuré comprenant la sacristie de l’église pour en faire le presbytère 3 où le curé est logé gratuitement jusqu’à la séparation de l‘Église et de l’État en 1905.

L’église du XVIIe siècle 4 accolée au prieuré - le chevet orienté classiquement vers l’Est - est devenue trop petite. En 1835, elle est reconstruite dans son état actuel 5 , le chevet orienté vers le Nord faute de place. Elle a été restaurée à plusieurs reprises depuis.

En 1847, la commune rachète une maison en ruine 6 sur la place de l’église, pour y installer une école de garçons.

EXTRAIT DE PLAN CADASTRAL

 

Finalement, après des travaux de restauration, c’est l’école de filles qui s’installe au premier étage en 1861 et le 26 novembre 1863, la Société de Secours Mutuel en achète le rez-de chaussée après avoir occupé la maison commune.

La Société de Secours Mutuel créée en 1851, est un lieu de solidarité, de convivialité et exige le bon comportement de chacun.

Presque tous les chefs de famille du village sont sociétaires cotisants.

Elle verse des prestations en cas de maladie, des remboursements médicaux et pharmaceutiques, prend en charge les obsèques et les pensions de retraite dès 1897. Sa dernière Assemblée Générale se tient en janvier 1966.

 

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